Jago · EP00
Pourquoi Jago
Le premier projet qui nous a vraiment confrontés à la commercialisation de produits africains, c’était Madame Karité, une marque de beurre de karité.
On pensait que le plus dur serait la marque et le packaging. En réalité, c’est tout ce qu’il y avait autour qui nous a pris le plus de temps : trouver les bons fournisseurs, gérer la qualité, le transport et trouver des acheteurs.
Ensuite, j’ai passé un an au Mali. On y a lancé des légumes surgelés, découpés et prêts à cuisiner. On avait réussi à être référencés dans deux enseignes de distribution, puis la crise énergétique est arrivée. Avec les coupures d’électricité, on ne pouvait plus garantir correctement la chaîne du froid. Pour du surgelé, c’était bloquant, et le projet s’est arrêté là.
Le produit était bon, on avait des points de vente, mais un seul maillon qui ne tient plus peut suffire à bloquer le reste.
On a ensuite lancé une marque d’infusions, toujours en cours aujourd’hui, avec une partie de la production et du conditionnement sur place. Là encore, on s’est retrouvés avec beaucoup de sujets à gérer en même temps : fournisseurs, emballage, machines, qualité, transport, acheteurs.
Chaque problème, pris séparément, peut se résoudre. Mais quand on lance une marque, il faut souvent tout résoudre en même temps.
C’est là qu’on a changé de question.
Plutôt que de chercher quelle marque lancer ensuite, on s’est demandé si on ne pouvait pas simplifier une petite partie de cette chaîne pour ceux qui achètent et revendent déjà ces produits.
Jago est parti de là.
Aujourd’hui, on commence volontairement petit. Jago s’adresse aux acheteurs professionnels qui cherchent des produits africains en gros. On cherche à comprendre précisément leur besoin, puis à les mettre en relation avec des vendeurs qui peuvent y répondre.
Le paiement, le transport, l’import et la livraison restent directement entre l’acheteur et le vendeur.
Ce qu’on veut vérifier est assez simple : est-ce que la mise en relation apporte suffisamment de valeur pour que l’acheteur revienne lorsqu’il a un nouveau besoin ?
Si certains problèmes reviennent souvent, on pourra ensuite regarder ce qu’il est utile d’ajouter avec des partenaires. Le regroupement de commandes en fait partie, par exemple, mais uniquement si le besoin apparaît réellement.
Le modèle économique reste lui aussi à valider. Notre hypothèse de départ est plutôt un abonnement côté vendeurs ou fournisseurs, mais on ne veut pas figer le prix ni les modalités trop tôt.
Après plusieurs projets où on a dû gérer une grande partie de la chaîne nous-mêmes, on préfère cette fois commencer par un problème plus petit et voir jusqu’où le marché nous demande d’aller.